Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
L’article ci-dessous, tiré du rapport, est particulièrement intéressant. D’une part, il prend dans plusieurs de ses paragraphes l’exemple marocain. Et d’autre part, il envisage comme seule possibilité de progrès, l’union des forces de l’opposition.
Comment rester aux commandes ?
Par la contrainte et un simulacre de démocratie
Un grand nombre de statistiques comparatives blessantes révélées afin de démontrer le retard des Arabes, sont apparus d'abord dans le « Arab Human Development Report 2002 », démontrant l’attardement des Arabes. Ses conclusions brutes ont nettement influencé la préparation par l'administration Bush du « Middle East Partnership Initiative »[1]. Dans le monde arabe lui-même, le rapport a eu de la résonance du fait qu'il a été écrit non pas par des technocrates occidentaux, mais par une équipe d'universitaires arabes. Et L'auteur principal a été Nader Fergany, rencontré préalablement dans la préparation du rapport (spécial de The Economist), reproche aux Américains d’être les « nouveaux Mongols» du Moyen-Orient.
Aujourd’hui directeur du Centre Almishkat de Recherche et de Formation au Caire, M.Fergany ne s’acharne pas moins contre les régimes arabes, qu'il accuse de
faire tout ce qui est en leur pouvoir pour saboter la démocratie et la justice sociale. Dans la plupart des pays arabes, dit-il, l'ordre politique est oppressif et la démocratie une imposture, un
système creux incapable de tenir compte de la vitalité des populations. Le parti dirigeant en Egypte (non, il se corrige lui-même, le « Parti du Dirigeant ») n'a pas de soutien
populaire et les "soi-disant partis d'opposition légitimes sont essentiellement des cadavres morts."
Malgré quelques variations locales, la plupart des régimes arabes maintiennent leur pouvoir avec des moyens remarquablement similaires. Au sommet du système se trouve soit un seul dirigeant autoritaire, qu'il soit un monarque ou un président, soit un éternel parti au pouvoir ou famille royale. Le dirigeant est soutenu par un vaste service de moukhabarat (renseignement) qui emploie un vaste réseau d'informateurs. Un diplomate égyptien retraité, s’exprimant anonymement, estime la taille de l'appareil de sécurité intérieure de son propre pays, à environ 2 millions de personnes.
Un deuxième instrument de contrôle est la bureaucratie gouvernementale. En l'absence de rotation du pouvoir, les pays arabes ont brouillé la distinction entre le dirigeant et l'État. M.Pollack de la Brookings affirme, que les administrations publiques asphyxiées par leur gigantisme, fournissent aux régimes le moyen de distribuer des emplois pour absorber les nouveaux diplômés et masquer le niveau de chômage. La taille de ces mastodontes administratifs est stupéfiante. M.Pollack estime qu’en 2007, la fonction publique égyptienne était forte de 7 millions (d’employés). Et malgré cela, proportionnellement à leur population, les salariés du secteur public des pays producteurs de pétrole du Golfe, sont en nombre supérieur.
Des élections à gogo sans signification
Et pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, l'un des instruments de contrôle les plus
efficaces des régimes est le système élaboré de démocratie – ou plutôt, le simulacre de démocratie - qu'ils ont conçu dans le but de canaliser et de contenir la dissidence politique. La plupart
des pays arabes ont des parlements et organisent des élections officielles. Ces dernières années, les constitutions nationales ont été sérieusement révisées et re-révisées. Le fait est que les
parlements ont peu de pouvoirs et les élections sont truquées pour faire en sorte que le dirigeant ou son parti ne puisse pas être détrôné.
Les quelques dites exceptions, ne font que confirmer la règle. En Mai, le Koweït a fait la une de la presse lorsque pour la première fois de son histoire
quatre femmes ont été élues au parlement, une institution véritablement turbulente. Mais la politique du Koweït ne fait que boiter de crise en crise parce que la famille éternellement dirigeante,
Al-Sabah, refuse de permettre au parlement, de contrôler les membres de la famille et notamment,le Premier ministre. Et quand une telle menace surgit du parlement, l'émir le dissout ou le
gouvernement démissionne de lui-même.
Au Liban, l'élection du mois dernier a connu un combat dur et a donné des résultats non truqués. Mais étant donné que le Liban a un système de familles confessionnelles, aucun gouvernement n’obtient le plein contrôle par les urnes. La plus importante force militaire au Liban n'est pas l'armée nationale, mais la milice dirigée par le Hezbollah, qui fait partie de l'opposition. Ainsi, la nette victoire remportée par la coalition pro-occidentale dirigée par Saad Hariri n’empêchera pas le Hezbollah de contrôler une grande partie du pays et d'avoir son mot à dire dans la politique à l'égard d'Israël.
Cela étant dit, Monsieur Fergany est injuste vis-à-vis des partis de l'opposition du monde arabe quand il les qualifie de «cadavériques». Les Frères musulmans sont
une puissante force politique en Egypte, même si elle n'est pas autorisée à participer ouvertement aux élections. Dans le monde arabe, les personnes membres de l'opposition ont peu d'illusions
quant à leur capacité à gagner le pouvoir, mais espèrent au moins influencer le débat sur les marges. Mahmoud Abaza, le chef du vénérable Parti Liberal égyptien, le Wafd, déclare que ni son
organisation, ni le Parti national démocratique au pouvoir n’ont une incidence sur la législation: les lois sont écrites par les techniciens et le travail du Parlement est simplement de
« cacheter ». Mais il est fier du rôle que le journal de son parti a joué en provoquant le débat sur la réforme politique.
En outre, il y a des pays arabes avec des partis beaucoup plus dynamiques qu’en Égypte. Ainsi le Parti pour la Justice et du Développement (PJD) au Maroc est un
mouvement sophistiqué avec un grand nombre d’adhérents et une aspiration à suivre la trajectoire de l'AKP, le parti islamiste modéré qui a eu un grand succès en Turquie. En effet, le Maroc a une
longue tradition de multipartisme dans laquelle les partis laïques et religieux (même si certains de ces derniers sont interdits) ont été autorisés à prospérer. En Algérie aussi, un riche
éventail de partis sérieux est autorisé à concourir pour des sièges parlementaires.
Cependant, la permission d'être un candidat ne doit pas être confondue avec une chance de gagner, et encore moins de gouverner. Ainsi, malgré l’ancienne tradition de multipartismes au Maroc, c'est l'instinct du roi et les machinations du palais qui in fine déterminent la politique du pays. Et en Algérie, au début de cette année, le fait que cinq candidats se soient présentés contre le Président Abdelaziz Bouteflika, ne l'a pas empêché de remporter un troisième mandat avec un invraisemblable 90% des voix.
Unissons nous tous pour craindre l’Islam
Si vous êtes un autocrate et que voulez gouverner le simulacre de démocratie, c'est une aubaine
si l'opposition est divisée. Et c’est ce qui se passe dans le monde arabe. Les partis islamistes se tiennent d’un côté de la fracture et les partis laïques de l'autre. En théorie, votre emprise
sur le pouvoir serait plus faible s’il y avait un risque que les oppositions séculaire et religieuse s'unissent. Mais jusqu'à présent, ils ne l'ont pas fait, et cela sans doute pour une
raison insurmontable à savoir que les partis séculaires d’opposition ont plus peurs des islamistes qu’ils ne rejettent le régime actuel.
En comparaison avec les régimes et les mouvements islamistes, les partis d'opposition laïque sont particulièrement désavantagés. Leur terrible dilemme est disséqué
dans un livre à paraître («Comment atteindre le pluralisme », Carnegie Middle East Centre) de Amr Hamzawy et Marina Ottaway. Les auteurs soulignent que les régimes, ont les moyens de l’Etat
à offrir à leurs sympathisants. Les islamistes peuvent offrir des services sociaux et de charité à travers les mosquées. Alors que les laïques n’ont pas de tels moyens à offrir. Ils n’ont même
plus, à dire vrai, d’armes idéologiques. Les causes qui les ont propulsé dans les jours de gloire sont soit dépassées (indépendance de la domination coloniale) ou discréditées (le panarabisme de
Gamal Abdul Nasser ou la Baathism de la Syrie et l'Irak).
En outre, ayant le choix entre le statu quo et l'incertitude de l'avenir promis par les islamistes, l'instinct de ces partis les pousse à se contenter des diables qu’ils connaissent déjà, quel qu’en soit le coût dans les urnes. Ainsi, en Egypte, les élections de 2005 ont accordé 20% des sièges du parlement aux Frères musulmans, contre un petit 5% pour les quatre partis d'opposition laïques.
Pourtant, si les partis d'opposition laïques sont faibles, leurs rivaux islamistes ne sont pas nécessairement aussi vigoureux qu'il n'y paraît. Dans les années 1970,
explique M.Hamzawy, ils ont construit une «machine redoutable » de services sociaux ; fournissant aux nécessiteux l’aide pratique journalière que les différents régimes semblaient
incapables de donner. Plus récemment, les partis islamistes se sont retrouvés du bon côté, lors du renouveau religieux qui a envahi le monde arabe. Malgré cela, l’avenir est de plus en plus
difficile pour les islamistes. Les Arabes ne sont pas moins pieux, mais les citoyens commencent à remettre en question le fait de participer à la politique en soi.
Une des raisons est simplement l’épuisement. L’exclusion des sphères de décisions commence à saper la motivation même des partis les plus combatifs. Dans des pays
comme le Maroc, où les islamistes sont autorisés à participer aux élections, mais jamais à les gagner, les électeurs sont en train de perdre espoir en la capacité du PJD à livrer ne serait-ce
qu’une version allégée des réformes qu’il prône, telles qu’un gouvernement plus transparent et plus responsable. Dans la plupart des élections menées dans les pays arabes le taux de participation
s’effondre. En Égypte et en Jordanie, les Frères musulmans endurent des cycles de répression et d'intégration imprévisibles et ce en fonction des peurs et des caprices des régimes. Le roi
Abdullah de Jordanie a quelques fois permis aux Frères musulmans de siéger au sein du gouvernement, et d’autres fois, il a engagé des manœuvres à leur encontre, parfois en écrasant les activités
sociales sur lesquelles une grande partie de leur popularité repose.
Un autre problème rencontré par les islamistes est qu’ils sont eux aussi en proie à des doutes idéologiques. Le PJD a débattu à l’infini de la signification que devrait avoir le label "islamiste". Lors de réunions avec des journalistes occidentaux ses dirigeants désavouent parfois tout à fait ce label et se décrivent comme étant des sociaux-démocrates ou des libéraux légèrement pieux. Depuis quelque temps déjà Les Frères Musulmans d’Égypte sont partagés sur l'opportunité de s'en tenir au simple slogan familier qui les a si bien servis : «l'Islam est la solution», ou d'élaborer un programme politique plus détaillé, intégrant éventuellement différentes positions potentiellement sujettes à controverse, sur la gestion économique, les droits de la femme et les droits de la grande minorité chrétienne Copte. L’AKP, parti islamiste modéré au pouvoir en Turquie, est vue par le PJD comme un modèle à imiter, mais accusé par les Frères musulmans d’être « vendu ».
Au-delà de ces incertitudes idéologiques, les islamistes, comparés aux régimes ou aux partis d'opposition laïques, sont entravés par le plafonnement du soutien populaire. Sur la base des récents résultats des élections, M. Hamzawy met ce plafond à environ 20% de l'électorat, avec certains arguments tirés de sondages relatant une tendance à la baisse de la popularité des islamistes, en Jordanie et au Maroc. Afin d'obtenir une majorité, soutient-il, les islamistes ont besoin de former des alliances avec les mouvements laïques. Mais ils en sont découragés par un mélange d'arrogance et de peur de la dilution de leur message simple d’adhésion à la foi. Avec les islamistes dédaignant l'opposition laïque et les partis laïques craignant les islamistes, l'opposition dans de nombreux pays arabes s’est mise toute seule hors-jeu.
De génération en génération
Avec les opposants politiques dans l’impasse, qu’en est-il d’un changement qui viendrait de l’intérieur des régimes eux-mêmes?
L’espoir était que l’emprise des dirigeants autoritaires se détende au fur est à mesure que le pouvoir passe d’une génération à une autre, et que se placent sur le
devant de la scène politique des dirigeants avec un comportement politique plus moderne. Dans certains cas, ceci s’est produit. Le roi du Maroc, Mohammed VI est plus modernisateur que ne l’a été
son père, le roi Hassan II. Le roi Abdullah d'Arabie Saoudite, qui est finalement monté sur le trône en 2005 à l'âge délicat de 80 ans, a accéléré les réformes prudemment initiées à l’époque où
il était prince héritier sous son demi-frère, encore plus âgé, le roi Fahd. Plus tôt cette année, une réorganisation administrative a provoqué beaucoup d’émoi à cause de la nomination de Nora
Al-Fayez en tant que ministre-adjoint. Il s’agit du plus haut poste de fonctionnaire à avoir jamais été occupé par une femme dans le royaume.
Dans d'autres cas, toutefois, le passage du flambeau à une nouvelle génération a surtout été décevant. La Jordanie ne s'est pas vraiment illustrée par plus de
libéralisme que sous le règne du roi Hussein. Lorsque Bashar Assad, ophtalmologiste de formation qui a suivi ses études à Londres et qui a épousé une syrienne née et élevée en Grande-Bretagne, a
pris le pouvoir en 2000 après le long règne de son père, l’impitoyable Hafez, il a été accueilli par certains en Occident comme réformateur libéral, calé en Internet, promettant une bouffée d'air
frais. Mais le «printemps de Damas» a été bref.
Au début de l'année 2001, plus de 1000 militants syriens ont signé une déclaration appelant à la réforme politique et la fin de l'état d'urgence qui est en vigueur depuis 1963 sous le prétexte du conflit avec Israël. Le nouveau président a pris peur et sa réaction fut d’arrêter un grand nombre des plus éminents signataires. En 2005, quelques braves ont renouvelé leur demande dans la "Déclaration de Damas". Cela a conduit à une autre vague de répression.
En Mars de cette année, le président Assad a laissé entendre que la libéralisation économique en cours en Syrie peut être accompagnée par des changements politiques, comme la création d'une chambre haute qui donnerait une plus grande place à l'opposition. Mais tout cela, a-t-il ajouté, se ferait « petit à petit, à notre propre rythme».
Le changement du rythme des dirigeants sera-t-il suffisamment rapide?
[1] L’« Initiative de Partenariat avec le Moyen Orient »
Chère Concitoyenne, Cher Concitoyen,
Nous sommes heureux de nous adresser à vous, en ces derniers jours de campagne électorale, afin de vous remercier de votre accueil chaleureux et de la qualité des discussions que nous avons partagées avec vous.
Durant cette campagne, nous avons essayé de communiquer avec toute la population de notre arrondissement que ce soit à travers des correspondances, la distribution de tracts, ou encore l’animation de réunions. Des moyens que nous jugeons suffisants pour nous présenter et présenter notre programme et vous permettre in fine de faire votre choix en votre âme et conscience.
À l’opposé de cette démarche, vous avez sans doute remarqué les agissements de certaines listes concurrentes dont les membres changent de couleur politique à chaque nouvelle échéance électorale. Ces derniers, profitant de la misère des habitants des quartiers périphériques et défavorisés de notre arrondissement, n’hésitent pas à monnayer le vote de ces citoyens contre de fausses promesses, des festins éphémères et de l’argent.
Ces comportements, nous les condamnons car ils discréditent nos institutions et rendent caduc tout le processus démocratique. Nous vous appelons donc à participer massivement au scrutin du vendredi 12 juin, afin justement de faire barrage à ces « mafias » des élections.
Gagner ces élections n’est pas un objectif en soi. Pour nous, candidats de l’Union Socialiste des Forces Populaires, il s’agit d’un moyen qui nous permettra de travailler avec vous pour l’édification d’une capitale à la hauteur de nos aspirations. Une ville capable de relever les challenges de stabilité, de sécurité et de développement socio-économique, tout en préservant son histoire et son patrimoine.
Sincères Salutations, Votez la Rose.
Fouzya Guedira Driss Lachguar
Tête de la liste additionnelle Tête de liste
Driss Lachguar est élu communal de la ville de Rabat depuis 2003.
Le groupe USFP formant l’opposition au sein de la ville de Rabat, Driss Lachguar oeuvre, avec les autres élus USFP de la ville, à redonner à l'action de l'opposition tout son sens. En effet, avec beaucoup de pragmatisme, les élus USFP s'efforcent de faire respecter les lois de notre pays au sein du conseil de la ville et des conseils d’arrondissements, en luttant contre toutes les formes de clientélisme et en s'attaquant à la corruption.
Natif de la ville de Rabat, Driss Lachguar s'acharne à défendre en premier lieu les intérêts de ses habitants ainsi que les droits fondamentaux des citoyens en général.
Parcours de Driss Lachguar
Driss Lachguar militant politique
Driss Lachguar député engagé pour les causes nationales
Driss Lachguar élu communal
Driss Lachguar citoyen engagé dans la vie associative
À partir de 16h / USFP Berchid célèbre le 50ième anniversaire du parti
À cette occasion Driss Lachguar prononcera un discours en hommage posthume aux militants USFP
À partir de 8h30 / Débat public au tour du thème «Le Maroc : quelle identité ? »
Organisé par : l’Assemblée des Citoyens
En partenariat avec Le Journal hebdomadaire et Al Watan Al-An, avec le soutien du Conseil hollandais
pour la paix
Lieu : Hôtel Ibis Agdal à Rabat
Participants : 1ère table ronde : Bassima Hakkaouis, Ahmed Assid, Driss Lachguar,Kamal Abdellatif
2ième table ronde : Driss Benali, Ahmed Dgherni, Abdelali Hamieddine
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Commentaires Récents